Il est d'usage de rappeler à qui veut bien l'entendre que quand, tout va mal... Tout va mal. Plus de boulot, plus de feme, plus de voiture. Plus rien, la dèche, le plat absolu, voire même le misérabilisme absolu si j'étais en quête de mots sensationnels.
Mais là n'est pas mon cas, ni mon propos.
Je suis à Paris.
On dira ce qu'on voudra mais c'est toujours - by night - la plus belle ville du monde. Dans la situation actuelle, c'est tout ce dont j'ai besoin. Du monde, des sorties, des gens, des bars, des restaurants, des théâtres.
Théâtre ? Vous avez dit, théâtre ?
Ca tombe bien, dis donc, j'y étais. Je suis allé voir la pièce de et avec Pierre Palmade : Le comique.
Librement inspiré de la vie de l'artiste, tous les sujets y sont abordés : l'alcool, la fête, l'amitié, la célébrité, la fuite qu'elle entraîne.
Pierre Mazar, humoriste célèbre, est dévoré par les sorties, les plans culs d'un soir et le manque d'inspiration pour l'écriture de son prochain spectacle. Il est dans un engrenage dont l'issue pourrait être fatale. Oui, mais voilà, il est entouré par sept personnages aussi attachants que tendres, tous un peu dépassés par les évènements car à priori, ces doux dingues n'en font pas partie. Tout au long de la pièce, ils vont se croiser et s'affronter, se dire leurs vérités et leurs non dits. Pour enfin, faire revenir Pierre à une vie plus normale.
J'ai adoré Delphine (Delphine Baril) revenir ivre morte d'avoir découvert le Ricard. Les autres ne sont pas en reste. C'est à se demander qui n'est pas le plus cinglé dans cette joyeuse bande. Le concierge - Sébastien Castro, qui vient d'obtenir le Raimu de la révélation de l'année -, personnage symbolisant la France moyenne dans toute sa splendeur, n'est pas si bof qu'on pourrait le croire. Le premier petit copain qui chante si haut, la journaliste en quête d'enfant, l'assistante qui n'est heureuse qu'en s'occupant de Pierre Mazar ou Arnaud, le meilleur ami de la star, comique également mais dont la carrière est nettement moins prometteuse. Et l'auteur de sketchs, interprété par Bilco, vaut le détour.
C'est du Palmade, il y a Palmade et pourtant, celui-ci laisse volontiers la place à ses petits camarades, disparaissant ici et là, pour mieux réapparaître. La mécanique est simple mais efficace. La preuve, c'est que pendant deux heures et des poussières, on rigole.
Certains vous diront, parce qu'il faut toujours qu'il y ait critique et analyse même (et surtout) dans le rire, que la deuxième partie manque de rythme, de pêche... Je ne suis pas d'accord. Voir une salle s'esclaffer pendant la dite deuxième partie n'a pas besoin d'explications. C'est drôle, voilà tout.
A la sortie, j'avais une bonne pêche. Ah, si tous les problèmes pouvaient se résoudre grâce au rire. le problème, c'est que les gens qui font rire finissent par être sérieux.
Mais c'est une autre histoire.
I love you. All of you.
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