Frappait Xynthia. Silencieusement et rapidement, en plein milieu d’une nuit froide, la terrible vague a dévasté la Vendée, laissant 29 morts mais aussi l’ile de Ré. J’étais chez moi, cette nuit-là. Ce n’est que le lendemain que j’ai pu mesurer les conséquences du drame.
Ce même jour, les journalistes envahirent l’ile de Ré. Le ministre de l’Agriculture venait chez Tony se rendre de l’étendue des dégâts. Il vint. Il promit de revenir. A ce jour, nous l’attendons encore.
Le temps a passé. Les cicatrices se referment, dans la peur pour certains, dans la dignité pour d’autres. Dans la douleur, pour tous.
Il y a quelques jours, les journalistes se sont crus obligés de souligner le triste anniversaire de Xynthia. Les reportages sont diffusés : tous ne parlent que de la Faute-sur-Mer et de ses 29 victimes.
Pas un mot sur l’ile de Ré.
Rien.
Rien sur l’ile d’Oléron ou l’ile d’Aix. A entendre les explications scientifiques des journalistes, l’eau n’a inondé que la Faute-sur-Mer. Entendons-nous bien, je suis vraiment triste qu’un petit village perde en une dizaine de minutes seulement, 29 personnes. Mais Xynthia est avant tout une dépression météorologique majeure qui a balayé plusieurs pays. En France, conjuguée avec la grande marée et les vents forts, elle se transformera en tempête. Et frappera l’Aquitaine, la Charente-Maritime, la Vendée, les Pays de la Loire, la Normandie et la Bretagne.
En une nuit, c’est pratiquement tout le littoral ouest qui a pris une terrible correction. Selon les médias, c’est juste la Faute-sur-Mer. Au final, personne n’a oublié. Mais tout le monde essaye de se relever.
Et ça, pareil. Personne ne le dit.
I love you. All of you.
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