Décidément, il est des jours que je ne regrette pas d’avoir vécu.
Figurez-vous, mes chers et fidèles amis lecteurs, que la télévision diffusait cette après-midi là un film américain, de facture somme toute moyenne, mignon tout plein avec beaucoup de bons sentiments si chers aux américains, famille soudée et heureuse, maison grande et confortable, neige qui tombe et tout le tra la la… Ce chef d’œuvre a pour titre : Marley et moi.
Marley est un chien que les que les Grogan (John et Jennifer, respectivement Owen Wilson et Jennifer Aniston) ont adopté très jeune, bien avant que leur premier enfant ne naisse. Marley, un beau labrador, ne fait évidemment que des bêtises. La famille s’agrandit de trois enfants, toujours avec Marley en fond sonore. Tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil. Evidemment, comme de bien entendu, Marley attrape une grave maladie et meurt, laissant la famille Grogan dans le plus profond désarroi.
Vous voyez, le film qu’on regarde, qu’on oublie. Rien de transcendant.
Sauf, peut-être, pour Agathe et Clémentine, les filles de mon copain Gilles.
Quand Marley s’en va au pays des gentils Chiens, les deux gamines (18 et 16 ans) se sont effondrées en larmes, hurlant que ce film était “pourri”, qu’on “n’avait pas le droit de montrer ça”. Les yeux scotchés devant l’écran, elles ont assisté, impuissantes et larmoyantes, au départ de Marley pour le paradis.
C’est là où je suis allé chercher mon appareil.
Absorbées comme elles l’étaient, les deux jeunes filles ne m’ont pas vu les photographier. Et quand bien même, ce pauvre chien qui meurt d’une saloperie au foie, mérite plus d’attention qu’un pauvre photographe.
L’affaire ne s’arrête pas là. Effondrées, Agathe et Clémentine se blottissent l’une contre l’autre, sanglotantes. Non, râle Agathe, on n’a pas le droit de faire des films pourris qui montrent des chiens en train de mourir.
Moi, de mon côté, je continue à photographier. Le film s’arrête – enfin – sur des mélodies déchirantes de violons et autres cordes dramatiques. Gilles me sourit. Bien un truc de filles, semble-t-il me dire.
Merci à toute la famille pour m’autoriser à publier les photos.
La prochaine fois, je parlerai à ces dames de Jack l’Eventreur. J’aurais certainement de la matière à photographier. Si je puis dire…
I love you. All of you.
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