Voilà, ça y est, je le sais, vous allez râler. Je vous vois bien venir avec vos petites têtes de fouines, les lèvres en forme de cul de poule et vos mains tellement serrées que les jointures en sont blanches, oui, je vous vois bien venir…
Vous allez crier au scandale.
Pas un seul papier depuis Arles.
Rien. Zip. Nada.
Bon, c’est un peu vrai mais si, l’ombre d’un instant, vous acceptez l’idée que vous aimez partir en vacances, pourquoi cette dernière ne serait-elle pas contagieuse ou collaborative et donc, pourquoi moi aussi, ne pourrais-je pas partir en vacances?
Certes, vous allez me répondre – et c’est en ça que vous êtes pénible, cette volonté d’avoir à tout prix le dernier mot – que je ne peux pas partir en vacances puisque j’habite sur une île paradisiaque.
Gna gna gna.
J’ai envie de vous dire des trucs, moi. Avec plein de gros mots dedans. Mais vous avez raison. Je n’ai pas écrit une seule ligne.
Alors, d’accord, je m’y remets.
Flûte.
Par quoi pourrais-je commencer ?
Ah, je sais… Mon fils Nicolas a eu 18 ans ces derniers jours. Non, non, je ne vous ferai pas le discours philosophique de la vieillesse et de ma petite crevette devenue aujourd’hui un beau jeune homme. Je l’ai déjà fait avec un autre beau jeune homme, Arthur, mon fils aîné.
Nicolas s’est vu offrir pour ses 18 balais un cadeau original et, ma foi, assez “si-tu-fais-ça-tu-deviens-un-homme”.
Quand faut y aller, faut y aller.
Voilà, j’ai encore pris un coup de vieux, certes, mais j’étais – presque – prêt. Bon, allez, je file, je dois terminer un autre papier pour vous le livrer demain. Ben oui, hein, les vacances, c’est bien. Mais il faut songer à se remettre à l’écriture…
I love you. All of you.
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